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Le blog de gigi

Comme promis voici un blog, histoire qu'il n'y ait pas de jaloux et que tout le monde ait un peu de mes nouvelles...
Pleine d'optimisme quant a mes occasions de voyages futures, j'ai decide qu'il s'appellerait "gigitrips" au lieu de "gigiusa" : vous me connaissez, je ne sais jamais ou je serai 6 mois a l'avance...
Ah oui, petite precision: gigi est mon surnom, pour ceux qui ne sont pas au courant. Je le proclame haut et fort, sans honte (enfin, si un peu, mais bon, c'est devenu une institution, donc il faudra que je fasse avec...)

En attendant, voici ou est le College of William and Mary:



Lundi 3 avril 2006
J'ai mis en ligne un certain nombre d'articles.
Ils reflètent mon propre conflit intérieur face au CPE.
J'essaie de réfléchir en-dehors de ma ligne politique établie (chacune en a une, je ne dis pas le contraire), et d'étudier le problème devant moi comme un cas abstrait que je devrais résoudre, comme un chirurgien qui opèrerait son meilleur ami ou son pire ennemi: à ce niveau, les émotions personnelles ne comptent pas.
Je fais appel à mes connaissances en économie, en management, en éthique, en philosophie, en histoire. Mais aussi je regarde les autres pays, ce qu'ils font eux. Je regarde s'ils sont malheureux, heureux, joyeux ou désabusés.
Puis je regarde la France, et je réfléchis...
Ma conclusion m'appartient.
Par Virginie - Publié dans : gigitrips
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Lundi 3 avril 2006

Dialogue social : pourquoi la France n'y arrive pas

L'analyse d'Yves de Kerdrel *
01 avril 2006, (Rubrique Opinions)

Pour la cinquième fois en l'espace de cinq semaines on devrait assister mardi à une nouvelle confrontation directe entre la rue et le pouvoir exécutif. Ce type de mouvement fait désormais tellement partie du mal français qu'on a fini par s'en faire une raison. A tort sans doute. Parce que des journées comme celles du 4 avril ou du 28 mars ont un coût pour l'ensemble de l'économie française. Perte nette pour les entreprises publiques concernées. Perte aussi pour les entreprises privées dont les collaborateurs ont du mal à rejoindre leur travail. Perte enfin de compétitivité à cause de transports défectueux, du courrier en retard ou des livraisons impossibles.
 
Ces mouvements de protestation à répétition ont également un effet d'image terrible auprès des investisseurs étrangers, comme de nos voisins européens. Les uns s'inquiètent de l'irruption de la violence dans ces défilés et en profitent même, c'est le cas des tabloïds britanniques, pour fustiger le foutoir hexagonal. Les autres s'étonnent de notre incapacité à nous réformer, à faire évoluer le modèle social français, afin de tenir compte des nouvelles exigences et des opportunités de la mondialisation.
 
Mais s'il faut surtout déplorer ces manifestations en série, c'est parce que toute épreuve de force constitue en soi l'illustration d'un échec. Echec dans la capacité d'un gouvernement à faire admettre des évolutions inéluctables. Echec dans la pratique du dialogue social. Echec dans la manière dont l'Etat s'est comporté avec les partenaires sociaux, leur laissant une marge de manoeuvre infime, et ne se souciant ni des observations des entrepreneurs, ni de la capacité des syndicats à lâcher éventuellement du lest.
 
Et c'est bien là que se situe l'un des syndromes les plus visibles du mal français. Dans cette volonté qu'a l'Etat d'être toujours au coeur des négociations, de vouloir orchestrer le jeu social, de refuser de faire confiance aux partenaires légitimes pour mener à bien les évolutions nécessaires. Bien sûr, tout gouvernement est soumis aux contraintes de son propre calendrier politique. Il ne peut complètement s'abstraire des débats et des discussions entre patronat et syndicats. Bien sûr, les difficultés du moment, la volonté de transformer le succès du contrat nouvelles embauches et les conséquences de la crise des banlieues ne pouvaient qu'encourager Dominique de Villepin à franchir une nouvelle étape dans sa bataille pour l'emploi.
 
Mais la manière dont le gouvernement a amené sur la table le projet du CPE va à l'encontre de toute idée moderne de la concertation, et surtout de tout ce qui se fait dans l'Europe sociale. Partout à travers le Vieux Continent, ce qui touche au contrat de travail, à ses améliorations, à ses évolutions, à son éventuel assouplissement, est l'apanage des seuls partenaires sociaux. Lorsqu'il s'agit de remettre l'ouvrage sur le métier, seuls se retrouvent les entrepreneurs d'un côté et les syndicats de l'autre, pour trouver une solution qui convient à tous après s'être entendus sur un diagnostic de la situation. Et l'Etat n'est saisi qu'en dernier ressort pour donner force de loi à l'accord qu'ont pu mettre au point les seuls représentants du monde du travail et de l'entreprise.
 
Cette démarche qui a inspiré l'heureuse parenthèse de la refondation sociale chère à Denis Kessler n'a hélas jamais pu s'imposer en France. Si bien que comme l'a regretté à juste titre Nicolas Sarkozy à Douai, lundi dernier, le dialogue social se réduit trop souvent dans l'Hexagone «à des jeux de rôles convenus et des scénarios écrits d'avance, avec d'un côté des pouvoirs publics qui consultent pour la forme et de l'autre des syndicats qui veulent bien discuter des réformes, mais qui refusent de les endosser». Ce paradoxe français a plusieurs origines.
 
La première est de nature historique. La France est un pays jacobin, centralisateur, où l'Etat veut veiller à tout. Il s'estime légitime pour intervenir dans tous les domaines, même ceux réservés aux acteurs de l'entreprise. Et il se juge encore plus fondé à faire valoir son action par une débauche de textes législatifs. C'est ce qui justifie, entre autres choses, que le Code du travail soit passé de 14 pages en 1911 à 2 501 pages en 2004. Cette incursion systématique de l'Etat dans la vie des entreprises illustre le fossé entre la démocratie politique d'un côté et la démocratie sociale de l'autre. Et ce n'est pas la loi Fillon de 2004 sur le dialogue social qui a permis de rompre avec ces mauvaises habitudes.
 
La deuxième raison de ce phénomène hexagonal est d'ordre culturel. Les gouvernements de droite en France n'ont jamais eu jusqu'à présent une culture libérale. Ils se sont plutôt illustrés par leur interventionnisme et leur dirigisme. Quant à la gauche, elle n'a malheureusement jamais été social-démocrate, mais toujours étatiste. Un comportement qui l'a souvent amenée à vouloir faire le bonheur des gens malgré eux et contre eux, comme on a pu le voir avec la mise en place des 35 heures.
 
La troisième raison, enfin, tient au paysage syndical français qui fait là aussi figure d'exception en Europe. Puisque, en dépit des effets d'optique, l'Hexagone affiche le taux de syndicalisation le plus faible parmi tous les pays d'Europe avec 8,2% de salariés syndiqués. Et encore faut-il relativiser ce chiffre, dans la mesure où il résulte d'une moyenne entre un taux de 15% dans la fonction publique et une proportion d'à peine 5% dans le secteur privé. C'est ce qui a conduit Nicolas Sarkozy à constater en début de semaine que «le problème de notre pays n'est pas d'avoir des syndicats trop puissants, mais des organisations trop émiettées et trop petites».
 
Cette situation crée inévitablement un cercle vicieux. Face à des syndicats peu représentatifs, l'Etat a de plus en plus pris ses aises, occultant la concertation, ne tenant pas compte des avis du patronat, ou de ceux des organisations les plus réformistes, que lorsque cela l'arrangeait. Ce faisant il a sinon détruit, du moins largement diminué les corps intermédiaires. Tant et si bien qu'il se retrouve aujourd'hui en prise directe avec les citoyens, c'est-à-dire avec la rue.
 
* Editorialiste au Figaro.
 

Par Virginie - Publié dans : gigitrips
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Lundi 3 avril 2006

Le désarroi des anti-CPE, fils et filles de la démagogie

Par Mathieu Laine, avocat, maître de conférénce à Sciences-po, auteur de la Grande Nurserie
01 avril 2006, (Rubrique Opinions)

Le CPE oppose des jeunes qui ont tort de manifester, mais dont on peut comprendre les angoisses, et un gouvernement qui a raison de vouloir flexibiliser le droit du travail, mais qui a commis de graves erreurs stratégiques.
 
Les premiers ne sont pas des révolutionnaires : ils ne veulent pas changer la société, mais la conserver. Désenchantés, ils perpétuent les illusions déçues de leurs parents, sans prendre conscience qu'ils en sont les premières victimes. Rivés aux jupes de l'Etat nounou, les enfants de la Grande Nurserie française sont tétanisés par le risque, la prise de responsabilité, le monde du travail (si ce n'est, pour certains, par le travail lui-même). Ils croient faire la révolution mais ne sont, par atavisme, que les chantres d'un conservatisme suicidaire.
 
Nourris depuis leur plus tendre enfance au biberon du «modèle social français», ce sont les mêmes qui répondent, à 75%, vouloir devenir fonctionnaires et que l'on a vus, en pleine campagne référendaire, face à un Jacques Chirac médusé, avoir peur de l'Europe et du monde et réclamer l'équivalence d'un diplôme ou la création d'un salaire étudiant. Misère d'un Etat se substituant à la Providence, pris aujourd'hui au piège de ses propres promesses, qu'il savait pourtant intenables.
 
Les fils et les filles de la démagogie interventionniste ont peur, mais comment leur en vouloir ? Alors qu'on leur assène depuis toujours que «flexibilité = précarité», voici qu'on leur dit, à la toute fin d'un quinquennat inutile, qu'un contrat de travail «plus flexible» a été créé, dans l'urgence, «spécialement pour eux». Dépourvus de repères, ils n'y voient pas l'opportunité de trouver un travail et de donner le maximum pour qu'on les garde au bout de deux ans, et s'enferment dans des mythes qu'ils ont appris par coeur : le travail est un droit et l'allocation un acquis. La minorité bruyante se roule par terre et, refusant le changement, prend ceux qui veulent étudier en otage et hurle contre l'Etat Maman, espérant qu'elle cédera rapidement à ses mauvais caprices.
 
La flexibilité est pourtant une chance à saisir, non un danger à éviter. La rigidité actuelle du droit du travail empêchant un employeur de se séparer facilement de son salarié quand il ne donne plus satisfaction ou quand l'activité de l'entreprise décline, l'embauche est devenue un risque considérable, et le patron préfère ne pas embaucher pour éviter ce risque. Il faut donc, pour faire reculer le chômage, faire disparaître les obstacles à l'emploi.
 
Et le seul moyen de passer rapidement à un taux de chômage autour de 5% consiste non pas à échafauder une politique de l'emploi, en créant arbitrairement des modèles rigides applicables à tous (35 heures) ou en inventant des contrats-types réservés à des catégories de salariés (jeunes, femmes ou vieux), mais à engager une vaste et audacieuse politique de la croissance, alliant trois éléments inséparables : une baisse rapide et significative de la pression fiscale ; l'accroissement de la libre concurrence ; l'assouplissement réel du droit du travail pour l'ensemble de la population. Il faut également du temps (environ quatre ans) pour voir apparaître les effets positifs de la réforme.
 
Tous les pays qui ont fait ce pari ont, sans exception, réussi. Mais étrangement, aucun dirigeant français n'a proposé de leur emboîter le pas, préférant perpétuer l'excès d'Etat qui étouffe, depuis tant d'années, le travail et la prise de risque, et laisser fuir un million de jeunes vers des cieux plus cléments (où, étrangement, on ne manifeste jamais contre la «précarité du travail»).
 
Avec le CPE, le gouvernement démontre non sans courage avoir compris qu'il vaut mieux un système dans lequel on peut certes perdre plus facilement son emploi mais où l'on peut tout aussi facilement en retrouver un autre. Mais en réservant cette souplesse aux moins de 26 ans, il a stigmatisé les angoisses pour, au final, non pas créer de nombreux emplois mais les déplacer : on va préférer embaucher un jeune plutôt qu'un moins jeune (ce dernier devenant victime du CPE). Alors qu'il n'avait plus le temps de récolter les fruits de son action, le gouvernement a donc commis une double erreur, économique et tactique.
 
Si, par respect pour la démocratie, on peut être tenté de maintenir le CPE, il ne faut pas en attendre grand-chose. Il faut en revanche tirer les bonnes leçons de ce blocage. Oui, la flexibilité est la voie à suivre. Oui, la France est réformable. Mais plutôt qu'adopter des demi-mesures pour tenter vainement d'éviter l'hostilité de la rue, quand comprendra-t-on qu'il faut engager, en une fois et avec pédagogie, une vaste entreprise de libéralisation du pays ? Si on explique clairement ses avantages, une majorité de Français soutiendra cette «révolution positive», qui donne, à coup sûr, d'excellents résultats et permet ainsi d'affronter sereinement les barricades du statu quo. 2007 approche... Ne manquons pas cette fenêtre de tir.
 
* Avocat, maître de conférences à Sciences po, auteur de La Grande Nurserie. En finir avec l'infantilisation des Français (JC Lattès).
 
 

Par Virginie - Publié dans : gigitrips
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Lundi 3 avril 2006

Petits employeurs, il est temps de vous exprimer !

Par Yvon Gattaz*
03 avril 2006, (Rubrique Opinions)

 
La multiplication des emplois passera par la multiplication des employeurs. Mon aphorisme, déjà bien ancien, n'est plus tout à fait complet aujourd'hui. Il faut en effet que les employeurs aient envie d'embaucher, ce qui constitue un grand mystère. C'est pourquoi l'association Jeunesse et Entreprises, qui s'occupe de la formation et de l'insertion professionnelle des jeunes, organise depuis des mois des causeries à travers la France sur la création d'entreprise de croissance à partir de zéro.
 
Elle tente de persuader les jeunes créateurs motivés que la croissance ultérieure par l'innovation et l'exportation est aussi importante que l'acte de création lui-même où nous avons obtenu des résultats honorables avec 225 000 nouvelles entreprises par an.
 
Le terme capital est ici celui d'«employeur». Et je regrette que ce mot soit si peu employé. Si les syndicats parlent de «patrons» avec la nuance péjorative que l'on sait, et les économistes d'entreprises avec réalisme, rares sont les utilisateurs du superbe substantif «employeur» qui comporte, on l'a compris, un engagement d'embauche.
 
A l'évidence, la tragédie du CPE provient d'un malentendu.
 
Malgré les agitations, les cris, les défilés, les menaces et les désordres, il existe en France beaucoup de jeunes conscients de leurs prochaines difficultés à trouver un emploi. Nous venons de les rencontrer dans nos récentes causeries à Sup de co Paris, à l'école d'ingénieurs Estia à Bayonne, à l'Essec, à l'Ecole du management de Lyon et au panel AJE de 60 jeunes, lycéens à bac + 2. Nous avons été surpris par leur calme et leur détermination à passer efficacement leurs examens pour décrocher plus facilement cet introuvable emploi.
 
Le malentendu actuel est éclatant : on demande à nos jeunes d'accepter cette flexibilité, oxygène de l'entreprise soumise à la féroce concurrence mondiale, or, cette souplesse, cette mobilité, cette adaptabilité, ont été traduites en précarité intolérable alors que, dès aujourd'hui, nos jeunes sont déjà en pleine précarité par l'apprentissage, les stages et les CDD qui leur sont le plus souvent proposés.
 
On ne peut leur faire croire qu'on crée la précarité alors qu'elle existe déjà. Et ils le savent. Si on leur demande d'accepter de nouvelles formes de flexibilité pour l'employeur, il est nécessaire de leur proposer une compensation majeure : un emploi. Mais ces emplois existent-ils ? Et où les trouver ?
 
Première question : la France a-t-elle des emplois disponibles ? Il y en a peu dans les grandes entreprises (GE) qui se développent surtout à l'étranger, mais un certain nombre dans les moyennes entreprises de croissance (ME) et sans doute beaucoup dans les petites entreprises (PE) et les toutes petites entreprises (TPE). Ces dernières sont 2 200 000 en France, dont 1 200 000 sans aucun salarié. Le «Club des 9» (salariés) refuse le dixième salarié pour échapper au délégué du personnel, le «Club des 49» refuse le cinquantième pour échapper au comité d'entreprise. Ces clubs existent, je les ai rencontrés. Ces emplois potentiels et latents existent donc à l'évidence et ils pourraient être nombreux si on pouvait les libérer.
 
Deuxième question : comment libérer ces emplois potentiels actuellement bloqués ? Les contempteurs irréductibles de l'entreprise accusent les employeurs de blocages psychologiques. C'est en partie exact mais que propose-t-on à nos petits employeurs qui rechignent à embaucher précisément parce qu'ils craignent de ne pouvoir débaucher très facilement comme dans la plupart des pays modernes ? Nos jeunes ont appris de leur professeur de physique que lorsqu'on bouche un tuyau à la sortie, il se bouche à l'entrée. L'aval conditionne l'amont.
 
L'interdiction de licencier entraîne la suppression des embauches. Inéluctablement. Le théorème est compris dans le monde entier : le nombre d'emplois créés est inversement proportionnel aux contraintes et rigidités. Qu'on supprime celles-ci et l'emploi bondira.
 
Mais ne nous y trompons pas. Si l'on rajoute ici ou là de nouvelles contraintes, on abaissera très vite le nombre possible de créations d'emplois. La difficulté est bien sûr d'évaluer a priori combien d'emplois nouveaux pourraient découler de telles mesures de flexibilité, avec une difficulté politique supplémentaire : la preuve du succès sera apportée tardivement par les statistiques alors que les adversaires de la flexibilité se déchaînent en permanence en clamant son inefficacité.
 
Quoi qu'il en soit, le marché doit être passé entre deux parties seulement : les jeunes à qui on impose les flexibilités de l'emploi – même si celles-ci existent déjà – et les petits employeurs qui, en compensation, créeront des emplois. On ne devrait entendre que ces deux parties prenantes. Or nos petits employeurs sont étrangement muets malgré leur nombre. Nous sommes en revanche étourdis par les politiques, les syndicats, les groupements les plus divers qui affirment tous mieux connaître ces problèmes d'emplois que les employeurs eux-mêmes. Or ces derniers ont un rôle essentiel à jouer : qu'ils nous disent, par des études sérieuses que tout le monde attend, combien ils peuvent créer d'emplois nouveaux à l'aide de tel ou tel type de flexibilité et combien ils en offriront si la flexibilité est contrainte. On sera étonné de l'effondrement du résultat dès que sera rajoutée la moindre rigidité.
 
Le marché gagnant-gagnant proposé à nos jeunes est dur. Il n'est pas certain qu'ils aient compris les compensations précises qu'on leur propose en termes d'emplois. Ah ! Si le dialogue employeurs-jeunes pouvait se passer sans les menaces de la rue ! Nos jeunes, j'en suis sûr, sont capables de comprendre et, contrairement à ce qu'on dit ici ou là, ils ne préfèrent nullement le chômage aux sacrifices.
 
* Membre de l'Institut, ancien président du patronat français, président-fondateur de Jeunesse et Entreprises.
 
 

 

Par Virginie - Publié dans : gigitrips
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Lundi 3 avril 2006
Cette question là, ça fait deux mois que je l'entends... Et encore plus depuis les manifestations de la semaine dernière. CNN, NBC et les autres chaines de télévision américaines se délectent des images d'émeutes, de casseurs, de manifestants et d'universités bloquées.
Quand on regarde les images à la télévision, finalement ça ressemble assez aux images de manifestations que l'on pourrait trouver en Amérique du Sud et dans un certain nombre de pays qui semblent très très loin de nous.
Seulement voilà, ça se passe chez nous, et les autres pays nous regardent à la loupe (trop, parfois?), comme n'importe quel pays insurrectionnel, instable, sous-développé et .... craint.

"What is happening to France?" , me demandez-vous, cher professeur.
Je vous réponds que je ne sais pas. Je regarde ces images et je ne ressens aucune fierté.
Je ne suis pas fière de notre exaltation des mouvements protestatifs, je ne suis pas fière des décennies de laisser-aller et de manque de courage des gouvernements successifs. Enfin, je ne suis pas fière de voir que mon pays est la risée de tous.
Car la France est bien la risée de tous: la risée de ceux qui vont mieux ( il y en a un certain nombre), et qui nous regardent nous débattre dans notre auto-complaisance (savez vous que le premier mot qui vient aux américains lorsqu'on leur demande de qualifier la France, c'est "faiblesse"?), mais aussi la risée de ceux qui vont plus mal (il y en a encore plus), et qui trouvent que quelquefois, il faut savoir aussi arrêter de geindre.

Depuis que je suis aux Etats-Unis, je crois en la France comme jamais. J'aime son modèle, ses valeurs, sa volonté d'aider l'ensemble de la société, le choix de réduire un peu ses propres richesses afin que tous puissent faire partie du même train. Il y a certainement des classes différentes dans ce train, mais au final, tout le monde peut le prendre, ce train.

Alors oui, je veux que la France change. Mais pas trop.
Je veux que notre pays soit assez fort pour imposer ses propres valeurs face aux valeurs américaines (qui sont valables, mais ce ne sont pas les notres), pour vivre comme nous souhaitons vivre. Seulement, ce n'est pas le cas.

Alors, je pose la question: que sommes nous prêts à sacrifier pour sauver le tout?
Préférons nous ne rien changer, et probablement tout perdre, ou bien accepter de réformer certaines choses pour sauver l'essentiel? Quelles sont les valeurs que nous ne sommes jamais, jamais prêts à sacrifier? La liberté, la démocratie, l'égalité des chances?

Je ne sais pas quelle position adopter face au CPE.
Donc je regarde plus loin, et j'utilise mon bon sens: si aujourd'hui on ne change rien, que peut-on faire, et où cela nous mènera t-il?
Et si aujourd'hui, on change: que faudra t -il aussi changer d'autre, pour nous mener là où nous voulons aller?

Par Virginie - Publié dans : gigitrips
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